Que vous faut-il pour fabriquer votre e-liquide

Dans cette rubrique, nous allons aborder l’un des aspects les plus ludiques et les plus créatifs de la vape, à savoir la création de son propre e-liquide. De l’anglais « Do It Yourself » (faites-le vous-même), le DIY s’est démocratisé progressivement et séduit de plus en plus les vapoteurs.

Comment ça marche ?

Il n’est pas nécessaire d’avoir des notions de chimie avancées pour concevoir et réaliser son propre liquide, c’est pourquoi l’engouement pour le DIY ne cesse de croitre. Toute personne étant capable de préparer une menthe à l’eau ou une grenadine sera capable de créer des liquides basiques.

Concrètement, il y a les arômes d’un côté, comparables au sirop, et la base de l’autre, comparables à l’eau qui vient le diluer.

En gros, une petite quantité d’arôme diluée dans la base crée un e-liquide (pour faire simple).

A l’inverse du sirop de menthe consommable de suite, il faudra ici attendre minimum 48H, pour les arômes fruités et beaucoup plus longtemps pour certains autres arômes comme les tabacs.

A titre d’exemple, les arômes gourmands comme la vanille ou le caramel demandent généralement 2 à 3 semaines de maturation. Ce temps d’attente peut également être appelé « step » ou « stepper »

Nous vous conseillons de toujours vous renseigner sur la durée de maturation des arômes avant de vous lancer dans une préparation. Tester un liquide trop tôt ne sera pas représentatif du résultat final, et généralement, c’est fade.

Choisir sa base :

Il existe différents types de bases, mais toutes sont créées à partir des deux mêmes composés :

Le Propylène Glycol ou PG: Utilisé comme additif alimentaire, émulsifiant pour les sauces des plats préparés ou pour les machines à fumée de boites de nuit (qu’on devrait donc appeler machines à vapeur). Il sert à fluidifier la Glycérine Végétale, et à rehausser le gout du e-liquide.

La Glycérine Végétale ou VG  : Utilisée également comme additif alimentaire, dans la fabrication du vin, comme hydratant pour les cosmétiques. Il sert à donner sa densité au e-liquide et donc à la vapeur. Etant par nature très gras, il «  étouffe  » les sauveurs, d’où l’utilisation du Propylène Glycol pour fluidifier et rehausser les arômes.

Il existe des bases PG ou VG « purs », mais également des mélanges déjà réalisés. Nous allons vous orienter en fonction de votre matériel.

70%PG/30%VG: Idéal pour les clearomiseurs comme le Stardust, le Kanger T2 ou les Aspire BDC, cette base fluide n’encrassera pas trop les résistances. Ce ratio PG/VG est comparable à celui utilisé dans les liquides Halo, et sera ce qui se rapprochera le plus des gammes françaises comme Alfaliquid ou Dlice.

50%PG/50%VG: Cette base est utilisable dans les clearomiseurs comme le Nautilus, l’Aerotank, et les clearo Subohm comme le Subtank ou le Triton. Ce ratio PG/VG est comparable à celui utilisé dans les liquides Dark Story, et sera ce qui se rapprochera le plus des gammes Booster ou Green Vapes.

30%PG/70%VG: Cette base est utilisable uniquement dans les clearomiseurs Subohm ou les atomiseurs réparables. Ce ratio PG/VG se rapproche de la plupart des liquides américains comme Suicide Bunny ou King Crown.

Le ratio PG/VG est très important, c’est votre matériel et les performances que vous souhaitez obtenir qui le détermineront. Notez cependant que plus le taux de VG sera élevé, plus il faudra corser la dose d’arômes, la Glycérine écrasant plus les arômes que le Propylène.

Choisir ses arômes :

Rien n’est plus subjectif que le choix des arômes, et les mélanges que vous allez réaliser avec. Comme pour le choix d’un e-liquide, c’est à chacun de choisir selon ses préférences et ses goûts.

Chaque marque d’arôme est compatible avec toutes les autres donc n’hésitez pas à créer des recettes exclusives, la seule limite ici est votre créativité.

Pensez à toujours consulter les fiches produit afin de connaitre la dose d’arôme à utiliser, car ils ne se dosent pas tous de la même manière.

Faites également attention, certains arômes sont très forts, d’autres très doux, il faut donc les équilibrer, afin que l’un ne recouvre pas totalement l’autre. De nombreux tests sont généralement nécessaires avant de trouver la parfaite combinaison.

Qu’est-ce qu’un concentré d’arôme ?

On parle généralement de concentré lorsqu’il s’agit d’un mélange déjà fait, permettant de reproduire un liquide existant.

Prenons un exemple concret :

Le fabricant TJuice, produit un liquide désormais très célèbre: le Red Astaire. Ils le proposent donc en e-liquide prêt à l’emploi, ou en concentré d’arôme. Il suffit juste de diluer ce concentré dans une base neutre afin d’obtenir le même liquide que celui vendu tout fait, à un prix défiant toute concurrence.

En règle générale, un concentré d’arôme aura exactement le même goût que le liquide original, s’il vient bien sûr du fabricant en question. Il existe également des concentrés produits par d’autres fabricants, s’inspirant d’une recette existante.

Nombre de gouttes ou pourcentage

Chaque fabricant d’arôme préconise une certaine dose d’arôme à utiliser et il est parfois compliqué de s’y retrouver, nous allons essayer de démêler tout ça. Lorsque j’ai demandé conseil pour aborder ce paragraphe, on m’a répondu texto « on ne fait pas de la cuisine ou de la chimie en comptant les gouttes, on mesure », ce qui a le mérite d’être clair.

Les marques françaises (à l’exception de Super Vape) s’expriment en nombre de gouttes pour 10 mL de base. On tourne généralement entre 20 et 50 gouttes, c’est assez fastidieux, surtout lorsque l’on souhaite réaliser 100 mL de liquide d’un coup. On se retrouve à compter 500 gouttes, on y passe la journée.

Bref, oublions ce concept de gouttes pour parler en unités de mesure, à savoir le mL et le pourcentage.

Les américains l’ont bien compris, ils utilisent des pourcentages, et c’est bien plus simple.

Prenons l’exemple de Capella :

Ils conseillent de diluer entre 10 et 15% d’arôme dans la base, ce qui nous donne une fourchette comprise entre 1 et 1,5 mL pour 10 mL de base, 10 et 15mL pour 100 mL de base etc…

Il faut reconnaitre que c’est quand même plus pratique que de loucher sur son flacon, compter ses goutes, et devoir tout recommencer si on perd le fil.

Ce dosage compris entre 10 et 15% peut également s’appliquer aux fabricants français.

Ne vous embêtez plus à compter, et investissez dans une seringue 🙂

Les doses d’arômes sont toujours données à titre indicatif, mais ne reflètent pas toujours vos préférences, c’est pourquoi il convient de toujours tester un nouvel arôme sur un faible volume avant de se lancer dans une production démesurée, ce serait dommage de devoir jeter 100 mL de liquide.

Les additifs

Ils sont utilisés pour apporter un petit plus à votre préparation et doivent êtres dosés très précisément. Après vous avoir interdit l’utilisation du mot « goutte », je me permets de le ré-introduire ici car les quantités à utiliser sont vraiment infimes.

Les additifs peuvent être utilisés pour renforcer l’effet crémeux d’un liquide, obtenir une sensation de fraicheur sans pour autant donner un goût de menthe, etc.

Il faut respecter scrupuleusement les doses indiquées sur les fiches produit, surcharger rendrait le liquide inutilisable.

Quel matériel me faut-il ?

Hormis les indispensables bases et arômes, il existe du matériel dédié à la fabrication d’e-liquide.

Les flacons vides, en plastique ou en verre, disponibles dans différentes tailles

Les seringues, différentes tailles existent, de la 1mL ultra précise pour doser ses arômes à la 50 mL pour des préparations en gros volume.

Conseils pratiques :

Nous ne le répéterons jamais assez, mais il est primordial de toujours noter ce que l’on fait. Quand on utilise un concentré ou un seul arôme, il est facile de se souvenir du pourcentage utilisé, mais après quelques tests, on a vite envie de se lancer dans des mélanges plus poussés, en associant plusieurs arômes. Il est utile de connaitre les différents composants de votre recette ainsi que le pourcentage utilisé de manière à pouvoir le reproduire si jamais c’est une réussite. Les meilleures recettes sont toujours celles que l’on oublie de noter, c’est arrivé à presque toutes les personnes faisant du DIY, et croyez-moi, le jour où ça arrive, on s’en veut vraiment

Ne jamais se lancer dans la fabrication d’un gros volume avec de nouveaux arômes, il vaut mieux les tester sur des petits contenants, et ce afin d’éviter le gâchis.

Le DIY est comparable à la cuisine, il ne faut pas se lancer dans des recettes trop élaborées au départ. Apprenez à maitriser un ou deux arômes dans un premier temps avant de vous lancer dans des mélanges complexes, on apprend toujours à cuire des pâtes avant de cuisiner un boeuf bourguignon.

Ne soyez pas trop pressés, les arômes ont besoin de temps pour donner le meilleur d’eux-mêmes. Ne jetez jamais vos préparations au bout de 72H, oubliez les quelques jours et re-testez les, de belles surprises peuvent arriver.

Soyez créatifs, rien n’est interdit, si vous avez envie de mélanger du caramel, de la menthe et des fruits rouges, faites-le (résultat non garanti).